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Gestion Financière Personnelle

Gestion Financière Personnelle

L’HOMME LE PLUS RICHE DEBABYLONE

(Traduit par J-B Hamiand)

 

L’auteur

GEORGE SAMUEL CLASON est né en Louisiane, le Missouri, le 7 Novembre 1874. Il a fréquenté l'Université du Nebraska et a servi dans l'armée des États-Unis pendant la guerre hispano-américaine. Il entreprend une longue carrière dans l'édition, fonde la Clason Map Company of Colorado , et publie le premier atlas routier des États-Unis et du Canada. En 1926, il publie le premier d'une célèbre série de brochures sur l'épargne et de la réussite financière, en utilisant des paraboles dans l'ancien Babylone pour étayer chacun de ses points. Cette oeuvre a été distribuée en grande quantité par les banques et les maisons d’assurance et est devenue familière à des millions de personnes. Le plus célèbre de ses ouvrages étant "l'homme le plus riche de Babylone", la parabole à partir de laquelle le présent volume prend son titre. Ces ''paraboles Babyloniennes" sont devenues un classique de l’inspiration moderne.

 

L’homme le plus riche de Babylone

Dans l'ancien Babylone, vivait un homme très riche nommé Arkad. Il était très célèbre grâce à sa grande richesse. Il était aussi célèbre parce qu’il aimait la belle vie. Il était généreux dans ses oeuvres de bienfaisance. Il était généreux pour sa famille. Il aimait dépenser; néanmoins, chaque année sa richesse augmentait plus rapidement que ce qu'il dépensait.

Et il y avait certains de ses amis de jeunesse qui sont allés vers lui et dirent : "Toi, Arkad, tu es plus chanceux que nous. Tu es devenu l'homme le plus riche de Babylone pendant que nous luttons pour survivre. Tu peux porter les plus beaux vêtements et manger de la nourriture la plus rare, alors que nous devons nous considérer satisfaits si nous pouvons habiller nos familles avec des vêtements juste présentables et les nourrir du mieux que nous pouvons. Pourtant, autrefois nous étions égaux. Nous avons étudié chez le même maître. Nous avons joué aux mêmes jeux. Et ni dans les études, ni au cours des jeux avais-tu été capable de nous surpasser. Et depuis ces années, tu n’as été plus honorable citoyen que nous. De même, tu n’avais travaillé plus fort ou plus sérieusement que nous, dans la mesure où nous pouvons juger. Pourquoi, alors, le capricieux sort te fait tant de faveurs en te permettant de profiter de toutes les bonnes choses de la vie et nous ignore, nous qui sommes aussi méritant que toi''.

C’est alors que Arkad protesta, en disant: ''Si vous n'avez pas acquis plus que les simples moyens d’existence au cours des années depuis que nous étions jeunes, c'est parce que, soit vous n'avez pas réussi à apprendre les lois qui régissent l’accumulation de la richesse, ou bien vous ne les avez pas respectées. La chance est une vicieuse déesse qui n’apporte aucun bien permanent à personne. Au contraire, elle apporte la ruine à presque tous les hommes à qui elle procure de la richesse par le fait du hasard. Elle crée des dépensiers aveugles, qui tôt dilapident tout ce qu'ils reçoivent et les abandonne en proie à d’écrasants appétits et désirs qu’ils n'ont pas la capacité de satisfaire. D'autres personnes qu'elle favorise deviennent avares et thésaurisent leur richesse, de peur de dépenser ce qu'ils ont, sachant qu'ils n’ont pas la capacité de les remplacer. Ces derniers sont en outre rongés par la peur des voleurs et sont condamnés à une vie de dénuement et de misère secrète. Il en existe probablement d’autres qui peuvent faire fructifier cette richesse acquise par le hasard et vivre une vie une heureuse. Mais ceux-là sont peu nombreux; et je n’en ai jamais rencontré. Pensez aux hommes qui ont hérité soudainement d’une richesse, et voyez si ce que je viens de dire n’est pas vérifié ''.

 

Ses amis admirent qu’en ce qui concerne les personnes qu'ils connaissaient qui avaient hérité de leur richesse, ces paroles sont vraies, et ils le supplièrent de leur expliquer comment il est devenu si riche. Alors il poursuivit.

 ''Dans ma jeunesse j’ai regardé autour de moi et j’ai vu toutes ces bonnes choses qui peuvent procurer du plaisir et du bonheur. Et j’ai réalisé que la richesse peut augmenter ces plaisirs et ce bonheur. La richesse est une puissance. Avec la richesse beaucoup de choses sont possibles. Une personne peut équiper sa maison avec les meilleurs meubles. Une personne peut voyager partout dans le monde. Une personne peut acheter les oeuvres de l’orfèvre et du tailleur de pierres. Une personne peut même construire des temples pour les dieux. Elle peut faire toutes ces choses et bien d’autres encore pour plaire à ses sens et son âme. Et lorsque j’ai réalisé tout ceci, j’ai décidé de réclamer ma part de ces belles choses de la vie. Je ne voulais pas être l’un de ceux qui se tiennent loin à l’écart, observant jalousement les personnes qui réussissent. Je ne me contenterais pas d’habits à bas prix; je ne me contenterais pas de vivre dans une maison de pauvres. Au contraire, je me ferais l’invité au banquet des bonnes choses.  Et comme vous le savez, étant le fils d’un modeste commerçant, membre d’une famille nombreuse sans espoir d’héritage et n’étant pas nanti comme vous venez de le dire franchement, j’ai décidé que si je devais accomplir ce que je désirais, j’aurais besoin de temps et d’étudier. Pour ce qui est du temps, tout le monde en a en abondance. Chacun de vous a perdu un temps précieux qui vous aurait permis de vous enrichir. Ainsi, comme vous l’admettiez, vous n’avez rien à montrer sauf vos bonnes familles dont vous pouvezêtre fiers.

''En ce qui concerne l’apprentissage, notre sage maître ne nous a-t-il pas enseigné qu’il en existe deux types : l’un étant ce que nous avons appris et maîtrisé, l’autre étant l’apprentissage qui nous montrait comment trouver ce que nous ignorons?

''Aussi ai-je décidé de découvrir comment une personne peut accumuler de la richesse. Et quand je l’aurais su, j’en ferais mon devoir et le ferais très bien. Car n’est-il pas sage que nous profitions de la vie ici-bas avant de disparaître dans les ténèbres de la mort?

''J’ai alors trouvé un emploi comme scribe dans la salle de documentation. J’y travaillais chaque jour sur les tablettes pendant de longues heures. Semaine après semaine, mois après mois, je travaillais. Cependant je n’avais aucune économie. La nourriture, les vêtements, les offrandes aux dieux, et d’autres choses dont je ne me souviens plus, ont absorbé tous mes revenus. Mais ma détermination restait vive.

''Un jour, Algamish le prêteur d’argent vint au bureau du maire et commanda une copie de la loi et me dit : « Je veux l’avoir dans deux jours, et si le travail est fait dans les délais, je te donnerai deux pièces d’argent.

''Alors j’ai travaillé fort, mais le texte était long et lorsque Algamish revint deux jours plus tard le travail n’était pas achevé. Il se mit en colère et si j’avais été son esclave, il m’aurait battu. Cependant, sachant que mon maître ne l’aurait pas permis, je n’avais pas peur. Courageux, je lui ai demandé : « Algamish, vous êtes un homme très riche. Dites-moi comment faire pour devenir riche et, toute cette nuit, je vais travailler fort sur votre commande pour qu’elle soit achevée avant le lever du soleil.

 

''Il sourit et dit : « Tu as beaucoup d’audace mais appelons cela, avoir le sens des affaires. »

''Toute la nuit j’ai travaillé, bien que j’aie mal au dos et que l’huile de la lampe me fasse mal à la tête et que je vois à peine. Mais à son retour au lever du soleil, le travail était achevé.

''A présent, dis-je, dis-moi ce que tu m’as promis.

« Tu as rempli ta part de notre accord, mon fils, répondit-il gentiment; je suis prêt à remplir la mienne. Je vais te révéler ces choses que tu veux savoir parce que je deviens vieux, et une vielle langue aime se remuer. Et quand un jeune demande conseil à une vieille personne, il reçoit la sagesse des temps anciens. Mais très souvent les jeunes pensent que les personnes âgées ne savent que les choses du passé, et donc n’en profitent pas.  Cependant, rappelle-toi ceci : Le soleil qui brille aujourd’hui est le soleil qui brillait à la naissance de ton père. Il continuera de briller jusqu’à ce que ton petit-fils ne soit plus de ce monde.

« Les pensées des jeunes, poursuivit-il, sont des lumières qui brillent comme une météore qui éclaire le ciel; mais la sagesse de l’âge est comme une étoile fixe qui brille et qui permet au marin de trouver son chemin.

« Prête attention à ma parole, sinon tu ne comprendras pas la vérité que je vais te révéler; et tu penseras que ton travail de la nuit a été inutile».

Ensuite il me regarda de dessous ses sourcils et dit d’une voix faible mais ferme :

« J’ai découvert le chemin de la richesse lorsque j’ai décidé de conserver une partie de l’argent que je gagne. Et tu dois faire la même chose».

Puis il continua de me regarder d’un regard perçant, mais n’ajouta plus rien.

''Est-ce tout? , ai-je demandé.

« Cela était suffisant pour transformer un éleveur de mouton en un prêteur d’argent », répondit-il.

''Mais tout ce que je gagne m’appartient, n’est-ce pas? , ai-je demandé.

« Pas du tout, répliqua-t-il. Ne payes-tu pas les choses que tu manges ? Peux-tu vivre à Babylone sans dépenser? Que te reste-t-il de l’argent que tu as gagné le mois dernier? Qu’en est-il de

celui de l’an dernier? Tu payes tout le monde sauf toi-même. Tu travailles pour les autres. Il vaudrait mieux que tu sois esclave et te contentes de ce que ton maître te donne à manger et pour t’habiller. Si tu gardais le dixième de tout ce que tu gagnais, qu’aurais-tu en dix ans? »

''Mes connaissances en calcul ne me trahirent pas, et je répondis : autant que ce que gagne en une année.

« C’est vrai en partie, répliqua-t-il. Chaque pièce d’argent que tu gagnes est un esclave qui doit travailler pour toi. Chaque sou qu’il rapporte est son enfant qui doit lui aussi travailler

pour toi. Si tu désires être riche, alors ton épargne doit produire de l’argent et l’argent produit doit rapporter un revenu à son tour. Et tous doivent te procurer l’abondance dont tu rêves».

« Tu penses que je t’ai trompé en te faisant travailler toute la nuit, poursuivit-il. Mais je suis en train de te payer mille fois plus, si tu es suffisamment intelligent pour comprendre ce que je t’offre par ce conseil.

« Tu dois conserver une partie de tout ce que tu gagnes. Ce ne doit pas être plus petit que le dixième de ton revenu, aussi petit soit-il. Cette partie peut être plus que le dixième de tes revenus, si tu peux te le permettre. Paies-toi d’abord avant de faire toute autre dépense. Tu dépenseras le reste comme tu l’entends, en prévoyant la nourriture, la charité et l’offrande aux dieux.

« La richesse, comme un arbre, grandit à partir d’une minuscule semence. Plus tu mets la semence en terre tôt, plus vite ton arbre va grandir. Et plus tu le nourris et l’arrose avec une épargne régulière, plus tôt tu te reposeras dans son ombre avec plaisir».

'' Ayant dit ceci, il prit sa tablette et partit. Je pensai longuement à ce qu’il venait de me dire et je trouvai ses conseils réalisables. Alors je pris la décision de l’essayer. Chaque fois que j’étais payé je conservais le dixième de mon revenu. Et aussi étrange que cela puisse paraître, je ne manquai plus d’argent. Je remarquai une légère différence lorsque je m’arrangeais pour vivre avec ce qu’il me restait. Mais souvent j’étais tenté, comme mon trésor commençait à prendre de l’ampleur, d’acheter les marchandises que les commerçants avaient sur leurs étalages. Mais je me retenais.

 

''Douze mois après son départ, Algamish revint et me demanda :

« Fils, t’es-tu payé le dixième du revenu perçu l’année dernière ? »

''Je répondis fièrement, oui maître''.

« C’est très bien, reprit-il, et qu’as-tu fais avec ? »

'' Je l’ai remis à Azmur, le fabriquant de briques, qui voulait acheter des bijoux précieux chez les phéniciens. Dès son retour nous les vendrons et partagerons le bénéfice.

« Tout fou doit apprendre, grogna-t-il. Mais pourquoi fais-tu confiance aux connaissances d’un fabriquant de briques en matière de bijoux. Irais-tu chez le boulanger pour t’informer sur les étoiles? Non, par ma tunique! Tu irais chez l’astrologue si tu y réfléchissais sérieusement. Tu viens de perdre ton épargne jeune homme. Tu viens de couper l’arbre de ta richesse à ses racines.

Cependant il faut en planter un autre. Et la prochaine fois, si tu as besoin de conseils à propos de bijoux, rends-toi chez le bijoutier. Si tu veux en savoir plus sur les moutons, vas voir le berger. Les conseils sont une chose qu’on donne gratuitement; mais retiens uniquement ce qui est nécessaire. Celui qui prend des conseils en matière de gestion de son argent auprès d’une personne inexpérimentée, payera son erreur de jugement avec son épargne. »

 

'' Ayant dit ceci, il s’en alla.

'' Tout se passa comme Algamish l’avait dit. Les phéniciens sont des fripouilles qui ont vendu à Azmur des morceaux de verre ressemblant à du gemme. Cependant, suivant les conseils d’Algamish, j’ai épargné à nouveau le dixième de mes revenus. Comme j’en avais pris l’habitude, l’exercice ne fut plus difficile.

« Une fois de plus, douze mois plus tard, Algamish revint et me demanda :

« Quels progrès as-tu fait depuis que je suis parti ? »

''Je me suis payé comme il convient, et j’ai prêté mon épargne à Agger le fabricant de boucliers pour qu’il achète du bronze et me paye des intérêts tous les quatre mois''.

« C’est très bien. Et qu’as-tu fait de l’argent reçu? »

'' J’ai fait un grand festin avec ma femme avec du bon vin et du gâteau épicé. Je me suis aussi acheté une tunique écarlate. Un jour je vais m’acheter un jeune âne que je vais monter pour me

déplacer''.

''Sur ce, Algamish rit :

« Tu consommes les enfants de ton épargne! Alors comment comptes-tu les faire travailler pour toi? Et comment peuvent-ils eux aussi avoir des enfants qui travailleront pour toi? D’abord aies une armée d’esclaves en or et ensuite tu pourras jouir de plusieurs banquets sans

regret».

 

Ayant dit ceci, il repartit.

''Je ne le revis plus pendant deux ans. Lorsqu’il revint, son visage était couvert de profondes rides et ses paupières couvraient presque ses yeux, car il devenait un vieil homme. Il me demanda alors :

« As-tu réalisé la richesse dont tu rêvais tant?

''Je répondis : «Je n’ai pas encore obtenu tout ce que je désire; mais j’ai quelques richesses qui rapportent beaucoup».

« Demandes-tu toujours les conseils du fabriquant de briques ? »

«A propos de la fabrication de briques, il donne de bons conseils», répondis-je.

 

« Arkad, ajouta-t-il, tu as bien appris ta leçon. D’abord, tu as appris à vivre en dessous de tes moyens. Ensuite tu as appris à demander conseil aux personnes qui ont acquis de la compétence dans la gestion d’argent à travers leur propre expérience. Enfin, tu as appris à faire travailler ton or. Tu t’es enseigné comment gagner de l’argent, comment le conserver et comment l’utiliser. Par conséquent tu es compétent pour occuper un poste à responsabilités. Je deviens un vieil homme. Mes enfants ne pensent qu’à dépenser sans apprendre à gagner de l’argent. Mes intérêts sont énormes et je crains de ne pas pouvoir m’en occuper tout seul. Si tu veux bien aller à Nippur t’occuper de mes propriétés, je ferai de toi mon partenaire et tu auras une partie de mon héritage».

''Alors je me rendis à Nippur et pris en charge son exploitation qui était du reste très grande. Et comme j’étais plein d’ambitions et que je maîtrisais les trois lois nécessaires pour gérer de la richesse avec succès, j’étais en mesure d’accroître la valeur de ses biens. J’ai donc beaucoup prospéré et à la mort d’Algamish, j’ai hérité d’une partie de ses biens comme il avait pris soins de l’organiser selon la loi''.

Ainsi parla Arkad, et quand il eut fini son histoire, un de ses amis dit :

« Tu as été chanceux d’hériter d’Algamish. »

''Chanceux uniquement parce que j’ai eu l’idée de devenir riche avant de le rencontrer. Pendant quatre ans, n’ai-je pas prouvé que je voulais devenir riche en conservant le dixième de mes revenus? Diras-tu que le pêcheur qui a étudié les habitudes des poissons durant des années, et qui peut les pêcher en toutes circonstances est chanceux? L’opportunité est une déesse hautaine qui ne perd pas son temps avec ceux qui ne sont pas préparés à la recevoir''.

« Tu as eu une forte volonté pour avoir pu recommencer à épargner après avoir tout perdu. Tu es vraiment spécial », dit un autre.

''Avoir de la volonté! , rétorqua Arkad. Que c’est insensé! Penses-tu que la volonté d’un homme peut lui donner la force de soulever une charge qu’un chameau ne peut transporter, ou de tirer une charge que des boeufs ne peuvent bouger?

'' Le pouvoir de la volonté est uniquement le désir ardent d’accomplir une tâche que tu t’es assignée. Si je décide d’accomplir une tâche, aussi petite soit-elle, je vais l’accomplir. Sinon comment pourrais-je avoir la confiance que je peux accomplir de grandes choses? Si je me dis :  Durant 100 jours, en passant sur le pont, je vais jeter un caillou dans la rivière, je le ferai. Si au septième jour je passe sur le pont et que j’oublie ma promesse, je ne dirai pas que le lendemain je vais y jeter 2 cailloux. Au contraire, je vais revenir sur mes pas et jeter le caillou dans l’eau avant de poursuivre mon chemin. Au vingtième jour, je ne me dirai pas non plus: Arkad, cet exercice est inutile. A quoi sert-il de jeter une pierre chaque jour ? Jettes-en une bonne quantité et le jeu sera fait!  Non, je ne dirai pas cela et n’agirai pas ainsi. Lorsque je décide de faire quelque chose, je le fais. Par conséquent, je ne m’impose pas de tâches difficiles et non pratiques pour commencer, parce que j’aime les loisirs''.

 

Un autre ami dit ensuite :

 « Si ce que tu dis est vrai - et cela paraît raisonnable et simple – et que tout le monde agissait ainsi, il n’y aurait pas assez de richesse pour tout le monde ».

''La richesse se développe là où les hommes exercent de l’énergie, répliqua Arkad. Si un homme se construit un nouveau palais, estce que l’argent qu’il paie est perdu? Non! Le briqueteur a sa part, l’ouvrier a sa part, et l’artiste en a sa part. A la fin de la construction, le palais ne vaut-il pas ce qu’il a coûté? Le terrain sur lequel il est bâti ne vaut-il pas plus parce que le palais y est

construit? La richesse grandit de façon magique. Personne ne peut prédire sa limite. Les phéniciens n’ont-ils pas construit de grandes villes sur des côtes arides avec la richesse provenant de leur commerce sur les mers? ''

« Que nous conseilles-tu alors, afin que nous devenions riches? Demanda un de ses amis. Beaucoup d’années se sont écoulées, nous ne sommes plus jeunes et nous n’avons pas d’argent».

''Je vous conseille de suivre les conseils d’Algamish et de vous dire : Une partie de tout ce que je gagne m’appartient. Je dois le conserver. Dites-le chaque matin quand tu te réveilles. Dites-le le soir. Dites-le la nuit. Dites-le chaque heure, chaque jour. Dites-le jusqu’à ce que les mots soient comme des lettres de feu dans le ciel.

''Que l’idée soit gravée dans votre esprit ! Que cette vous remplisse ! Ensuite retenez la portion qui vous semble raisonnable; mais qu’elle ne soit pas inférieure au dixième de tout ce que vous

gagnez. Organisez vos dépenses en conséquence si nécessaire. Mais retenez d’abord cette portion. Bientôt vous ferez l’expérience de ce sentiment de richesse qui habite ceux qui possèdent un trésor qui n’appartient qu’à eux. En grandissant il vous stimulera. Une nouvelle

joie de vivre vous comblera. Des efforts supplémentaires suivront pour vous permettre de gagner plus. Car, à mesure que vos revenus augmentent, votre  épargne n’augmente-t-il pas?

''Ensuite apprends à faire travailler ton trésor pour toi. Fais-en ton esclave. Fais de ses enfants et de leurs descendants des esclaves qui travaillent pour toi.

'' Assure-toi un revenu pour l’avenir. Regarde les personnes âgées et dis-toi que tu seras l’un d’eux un jour. En conséquence, investit ton trésor avec la plus grande prudence, afin qu’il ne disparaisse pas. Des rendements à taux usuraires sont des sirènes trompeuses qui chantent pour tromper les imprudents qui vont se heurter à la roche des pertes et des remords.

''Protège ta famille contre les besoins au cas où les dieux t’appelaient. Pour cela tu peux épargner de petits montants à intervalles réguliers.

''Prends conseil auprès de personnes sages. Recherche les conseils de personnes dont le travaille consiste à gérer de l’argent. Que ces personnes te permettent d’éviter les erreurs que j’ai commises en faisant confiance à Azmur le fabriquant de briques ! Un profit, aussi petit soit-il est bien préférable au risque.

''Profite de la vie pendant que tu es ici-bas. Ne t’impose pas trop de contraintes et n’essaie pas d’épargner beaucoup trop. Si le dixième de tes revenus est ce que tu peux supporter, alors il faut t’y tenir. Vis selon tes revenus et n’aies pas peur de dépenser. La vie est belle et riche de choses de valeur dont il faut profiter''.

Ses amis le remercièrent et le quittèrent. Certains demeurèrent silencieux parce qu’ils n’avaient pas beaucoup d’imagination et ne pouvaient pas comprendre les conseils d’arkad. Certains jouaient les mauvaises langues et se disaient qu’un ami aussi riche qu’Arkad aurait dû partager ses richesses avec eux.

Cependant, on pouvait lire dans les yeux d’autres une nouvelle lueur. Ils se sont rendus compte qu’Algamish était revenu au bureau des scribes parce qu’il veillait sur un homme qui se débattait pour sortir de l’obscurité de la pauvreté pour voir la lumière de la richesse. Et quand un tel homme a vu la lumière, il trouve la place qui l’attendait. Nul ne pouvait occuper cette place avant qu’il n’ait fait son propre chemin pour y être, jusqu’à ce qu’il soit prêt pour saisir cette opportunité. Ces derniers sont ceux qui, dans les années qui suivirent, rendirent fréquemment visite à Arkad qui les recevaient avec plaisir. Il donnait des conseils et partageait

gratuitement sa sagesse avec eux, ainsi que le font les personnes qui ont une grande expérience. Il les assistait dans leurs investissements de sorte qu’ils rapportent des intérêts en toute sécurité et qu’ils génèrent toujours des bénéfices.

Le tournant dans la vie de ces personnes se produisit le jour où elles réalisèrent la vérité qu’Algamish avait transmise à Arkad.

UNE PARTIE DE TES REVENUS T’APPARTIENT. TU DOIS LA CONSERVER.